Blog d'un pilote privé
Premier saut en parachute – Génial !!!!!!!!!!!
Dimanche dernier, j’ai eu le bonheur d’effectuer mon premier saut en parachute en ouverture automatique. Voici donc le récit de ce week-end passé au centre de parachutisme de Maubeuge (CERPM) avec d’autres membres de l’ASPU (Association Sportive de Parachutisme Universitaire).
Tout d’abord, une petite photo histoire de vous montrer mon look d’enfer !
Maintenant que vous savez la classe que j’ai
, voici le récit de ce merveilleux week-end.
Rendez-vous était donné à 20h30, Porte de la Chapelle. Nous étions une vingtaine à nous réunir, dont 9 élèves qui n’avaient jamais sauté car c’était le premier week-end école. Arrivé là-bas, je ne connais pour le moment pas beaucoup de gens, à part Ahmed qui est notre instructeur, c’est lui qui nous a donné les cours théoriques entre octobre et janvier au stade Charléty les mercredi ou jeudi soirs, et sinon je reconnais quelques visages.
Lorsque tout le monde est là, nous partons en voiture et minibus direction le centre national de parachutisme de Maubeuge, près de la Belgique. Lors du trajet, nous nous arrêtons sur l’autoroute pour manger tous ensemble. Une fois rassasiés, nous repartons. Puis suite à un détour par la Belgique car la sortie d’autoroute s’était cachée, nous arrivons à Maubeuge à 23h30. Il fait nuit, nous ne voyons donc pas le terrain, ce sera la surprise demain matin. Direction donc, l’hébergement tout neuf, inauguré en juin 2008 à l’occasion des championnats du monde de parachutisme. Nous sommes à trois par chambre, ce qui permet de faire un peu connaissance, mais étant donné que nous avons rendez-vous demain matin à 08h30 devant le hangar, nous nous envolons vers le pays de Morphée assez rapidement. Durant la nuit, des images de sauts en parachute, des souvenirs de cours, la position à adopter en sortie d’avion, n’arrêtent pas de nous hanter.
Il est 08h30, après avoir pris une bonne douche et un bon ptit’dej, nous sommes quelques uns à attendre devant le hangar. Mais c’est seulement à 08h40 qu’Ahmed pointe le bout de son nez, en effet, ils se croient tout permis ces instructeurs
. En effet, ce matin, personne n’est particulièrement pressé, car sur le terrain plane un brouillard à couper au couteau, ce n’est donc pas ce matin que nous allons faire notre saut, espérons que cette après-midi une éclaircie apparaitra. Ahmed, lui, en est persuadé, car il parie que tout le monde sautera cette après-midi, sinon quoi il ira se baigner dans l’étang (plutôt la mare) qui est à côté de l’hébergement.
La météo n’étant pas au rendez-vous, nous avons ainsi le temps de faire les exercices. Premier exercice, simulation de sortie d’avion. Nous sommes assis dans une maquette d’avion et nous devons nous mettre en position, c’est à dire les pointes des pieds tendues sous l’avion, la tête en arrière, une fesse en dehors, le buste face au vent relatif, la main droite attrapant la barre verticale et la main gauche étant posée au sol, avec le pouce à l’extérieur. Ensuite lorsque l’instructeur dit « OK« , nous sortons de l’avion en nous soulevant légèrement vers l’extérieur avec les mains. Une fois sortis de l’avion, nous devons prendre la position de chute stable, c’est à dire le bassin en avant, les bras toniques et tendus horizontalement, les pointes des pieds tendus vers l’arrière. Nous sommes donc en appui sur un instructeur et devons ressembler, vu de profil, à une banane. Personnellement, j’ai eu un peu de mal avec cette position.
Ensuite le second exercice est assez rigolo (mais important), il consiste à s’entrainer à effectuer la procédure de secours. Pour cela nous sommes treuillés à environ 5 mètres de hauteur, suspendus à un cadre métallique via nos élévateurs. Le cadre métallique simule le parachute principal. Nous prenons la position de chute stable, comptons jusqu’à 3, puis prenons en main les commandes. Là, nous constatons que la voile ne s’est pas correctement dépliée et que nous sommes obligés d’effectuer la procédure de secours. Nous avons donc les pieds en arrière, prenons la poignée de libération (droite) à deux mains, regardons la poignée d’extraction du parachute de secours (gauche), et tirons, puis durant la chute nous attrapons la poignée du secours et tirons. Le fait de tirer la poignée de libération nous libère du cadre métallique, nous tombons, mais rassurez vous, nous sommes retenus par des élastiques
. Voici quelques photos de cet exercice:
Nous sommes déjà en fin de matinée, le brouillard s’est un peu levé, mais ce n’est toujours pas volable car le plafond doit être à environ 1000ft (300m). Nous partons donc en salle de cours réviser les incidents mineurs (résorbables), intermédiaires (tentative de résorption) et majeurs (procédure de secours). Nous avons aussi droit à une présentation du système LOR et à l’explication du fonctionnement du système d’ouverture automatique, le FXC12000. Ce fut très intéressant. Personnellement j’adore ce genre de cours, où nous comprenons comment fonctionne le système. Ceci m’a rappelé le cours sur le circuit moteur, ou sur l’altimètre, le variomètre, le badin en aviation. Peut être dans un prochain article vous expliquerais-je le fonctionnement.
13h00, Laurent vient nous annoncer qu’il est l’heure de passer à table. Ambiance sympathique durant ce repas, nous reparlons du pari d’Ahmed, et nous avons le droit à un thé à la menthe, excellent ! Le fonctionnement du week-end nous est expliqué, il y a une liste de tâches à faire durant le week-end, chacun est assigné à une tache. Par exemple, je suis assigné à faire la vaisselle du samedi soir avec Lucian. Une fois le repas terminé, nous nous doutons que nous n’allons pas sauter aujourd’hui, mais l’espoir est toujours présent. Nous repartons donc dans la salle de cours, au chaud, où nous discutons et expliquons encore quelques points. Nous nous entrainons aussi à plier les parachutes, jusqu’au bout.
Puis en fin d’après midi, lorsque l’espoir d’avoir une éclaircie s’est en allé, nous jouons au Jungle Speed et au Uno. Très bonne ambiance, un bon moment de détente. Puis vient l’heure du repas, puis celui du thé à la menthe et des crêpes. Nous constatons aussi qu’Ahmed n’a pas de parole, puisqu’il n’est pas allé se baigner dans l’étang
. Enfin, tout le monde au lit, car il ferait apparemment beau demain matin entre 08h00 et10h00. Nous avons donc de nouveau rendez-vous à 08h30 devant le hangar.
07h30, je me lève et regarde par la fenêtre, certes c’est mieux qu’hier, nous avons de bonnes conditions pour faire de l’avion, mais ce n’est pas encore ça pour faire un saut.
08h30, je suis le premier arrivé au hangar, les autres arrivent petit à petit. La ponctualité n’est pas au rendez-vous, comme la météo. Nous ouvrons les portes du hangar et nous nous entrainons une nouvelle fois à plier les parachutes. Puis soudain à 11h00 c’est l’excitation, il y a une éclaircie ! Vite tout le monde en tenue, on enfile son parachute, on va au briefing, Ahmed nous présente une photo aérienne du terrain, nous explique où nous allons être lâchés, le sens du circuit (main gauche). Point de report: verticale milieu de piste à 300 mètres, puis on fait un U pour se retrouver face au vent en direction de la cible. Il y a pas mal de vent ce qui fait que l’éclaircie passe trop rapidement … nous pouvons enlever nos parachutes
.
Mais le pilote du Pilatus indique qu’il y a une autre éclaircie à l’horizon. Donc les chuteurs, largués à 4000 mètres se mettent en tenue et révisent leurs figures sur les planches à roulettes. Puis c’est le départ, tous les chuteurs en tenue, hop dans la camionnette direction le point d’attente. Le Pilatus est mis en route, essais moteurs et ça roule direction la piste 05/23 de Maubeuge. Tout le monde embarque dans l’avion qui décolle en 200 mètres ! 15 minutes plus tard, ils sont lâchés et au bout de quelques minutes nous pouvons apercevoir leurs voiles, et nous suivons leurs évolutions à l’aide des commentaires d’Ahmed.
Pendant la montée du Pilatus, tout le monde s’est équipé pour ne pas manquer l’éclaircie. Nous avons mis le parachute, avons été vérifié soit par Laurent, soit par Ahmed. Puis nous sommes allés chercher un casque, un altimètre et des lunettes pour ceux qui ont des lentilles ou des lunettes. Il y aura deux avions. 6 élèves dans le premier et trois dans le second. Je suis le numéro un du second appareil. Nous avons une radio (récepteur) autour du cou pour suivre les directives de Sébastien une fois en l’air.
Le premier avion est déjà parti, nous entendons sur notre radio les directives de Seb. Nous sommes maintenant au point d’attente à observer les 6 voiles dans le ciel, en attendant l’arrivée du Pilatus. Pas le temps de trainer, le Pilatus est là, tout le monde embarque. Je suis le dernier à monter étant donné que je suis le premier à descendre. Je suis installé à l’avant, côté porte. L’avion s’aligne et met les gaz. Là je peux vous dire que ça pousse, l’accélération du Cessna 172 de l’aéroclub de Flers semble minable face à celle du Pilatus. Nous montons à 1300 mètres à l’ouest de la DZ.
Nous sommes arrivés, 1300 mètres, alignés sur l’axe. Laurent ouvre la porte pour vérifier l’axe … le stress monte, j’ai peur de tomber. Je suis plus habitué à être dans l’avion qu’à sortir de l’avion en vol ! J’essaie de m’accrocher quelque part, je m’accroche donc à la barre située au plafond côté porte. Puis Laurent me dit de me mettre en position, là je ne réfléchis plus, je m’assoie au bord, la main droite sur la barre verticale, les pieds sous l’avion, le buste face au vent relatif. Je ne veux pas lâcher la main gauche, je ne sais pas pourquoi ! Laurent me la descend. Et là sort de sa bouche le mot fatidique: « OK« . Sans réfléchir mes bras se détendent, je suis maintenant en dehors de l’avion, une sensation étrange m’envahit, le vide. Aucune partie de mon corps n’est en contact avec quelque chose de rassurant, il y a seulement de l’air autour de moi. Dans ma tête je compte trois secondes, rien ne sort, le temps de chute me parait à la fois court et interminable. Le vent frais me frappe le visage. Soudain, je sens quelque chose sortir de mon dos, c’est le parachute extracteur, puis je sens que je suis tiré vers le haut dans un mouvement de léger demi-tour. Je lève la tête, mon parachute est ouvert, je prend doucement les commandes, puis j’enlève le demi-frein en tirant sur les commandes. Enfin je regarde en bas, c’est magique, extraordinaire, il n’y a pas de mots pour d’écrire les sensations. La descente est confortable, je teste les commandes, avec un 360° à droite, tout fonctionne, je suis heureux, je me sens bien.
Je cherche des yeux les deux autres OA (Ouverture Automatique), c’est bon je les ai en visuel. J’effectue ma navigation, arrivé en sortie de DZ par l’ouest j’effectue un demi tour direction le milieu de piste. J’y arrive à environ 350 mètres, puis là j’effectue un virage par la gauche pour me retrouver en direction de la cible. Seb me dit de me mettre face au vent, j’accentue donc mon virage à gauche pour me retrouver face à l’ouest. Le sol se rapproche, j’ai les bras tendus le long des élévateurs, j’attends le top arrondi de la part de Seb. « Top Arrondi« , je tire tranquillement sur les commandes, le parachute ralentit, mes pieds touchent le sol, puis je ne sais pas pourquoi, mon genoux gauche touche le sol, je me relève, le parachute s’étale derrière moi, je range les commandes puis ramène les suspentes au milieu du parachute que je plie en boule. Puis je rejoins le hangar avec comme tout le monde, un énorme sourire sur le visage. Je pose le parachute dans le hangar, puis je vais redonner le casque, la radio et l’altimètre. Petite discussion avec les autres, notamment Cornélius, qui a les yeux qui pétillent, pour échanger nos impressions. Personnellement, je n’ai aucun souvenir visuel de la chute, je sais seulement que je ne pensais à rien, même pas à ma position, ce qui se voit sur la vidéo
. Mais quel souvenir, des sensations indescriptibles. Une seule envie … y retourner. Mais la dure réalité de la vie me réveille, je dois préparer, avec trois autres personnes, le déjeuner. Donc le parachute attendra, je le plierai après manger, direction la cuisine.
Après un repas silencieux, car tout le monde a encore la tête dans les nuages, nous avons, comme d’habitude, le droit à un thé à la menthe, toujours aussi bon. Puis nous retournons au hangar plier nos parachutes. En cadeau (empoisonné ?), pour notre premier saut, Olivier nous donne une drisse, vous savez le truc qui vous explose les mains lorsque vous essayer de fermer le sac contenant le pod ! Puis vient le moment du débriefing, où nous nous voyons en vidéo et en photo
grâce à Olivier et Juchard (qui est en couverture de Paramag) les deux paparazis de l’ASPU. Au passage félicitations au deux élèves qui, si ils viennent le week-end prochain, passeront en poignée témoin.
Après ce débriefing sympathique, vient le moment du départ, nous retournons donc préparer nos sacs, puis en voiture Simone. Durant le trajet retour, fatigué, je me laisse aller, et repense au saut de cette après midi, aux sensations qui m’habitaient à ce moment précis, et aussi aux erreurs que j’ai faites. C’était le saut dans l’inconnu, le saut de la découverte. Le prochain saut sera synonyme, j’espère, de bonne position lors de la sortie d’avion.
Je vous laisse, chers lecteurs, à vos rêves. Si vous souhaitez vous aussi faire un saut dans un nouvel univers, n’hésitez pas à venir faire un tour au Stade Charléty à Paris, une nouvelle session de cours aura lieu début mars, avec les premiers sauts prévus pour Pâques. Si vous souhaitez en savoir plus sur l’ASPU, n’hésitez pas à visiter le site internet: http://www.aspu.org/ ou si vous voulez réver un peu plus, il ya le site d’Olivier: http://photopara.net et celui de Juchard: http://skygalleries.free.fr
Vidéo du premier saut en ouverture automatique de 9 élèves de l’ASPU lors du premier week-end école sur la DZ de Maubeuge. Puis vidéo d’une petite chute. Si vous voulez me voir tomber plutôt que sauter, c’est à 1 minute 45 secondes:
| Imprimer l'article | Cette entrée a été posté par Nico le 10 février 2009 à 16 h 49 min, et placée dans Parachutisme. Vous pouvez suivre les réponses à cette entrée via RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse, ou bien un trackback depuis votre site. |














about 1 year ago
Bravo pour ce post ! Je suis content que tu ais autant apprécié ton premier saut.
)
A très bientôt et blue sky
about 1 year ago
Ravie de pouvoir enfin connaître tous les détails de ce fameux saut en parachute! ; )
Bisous
about 1 year ago
ah enfin des photos où on voit ta tete avant de sauter..un peu peur non?
about 1 year ago
Y des choses qui change pas dans la façon de se tenir avec les années
about 1 year ago
Salut William,
que veux tu dire précisément ?
le fait de continuer dans la voie « aéronautique » ?
et toi, tu souhaitais apprendre à piloter, rêve tombé à l’eau ou pas ?
@++
about 1 year ago
Bonjour. Je suis un ancien para de l’ETAP 1968-1969 et j’ai un trou de mémoire, je ne me souviens plus du nom de la fiche à remplir aprés les sauts, les initiales étaient PTS.
Merci de me répondre même par mail.
Gérard OCTAVE